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L'indépendance du Kosovo

Le 28 novembre 1912, l’Albanie proclame son indépendance, mais le Kosovo, qui pourtant en faisait partie, ne s’est pas vu rattaché à elle. La Serbie voulant avoir un accès à la mer méditerranée en s’appropriant l’Albanie voit alors ses projets brisés. C’est pourquoi, avec l’aide de  la Russie, elle obtient de recevoir le Kosovo en compensation lors du traité de Londres quelques mois plus tard en 1913.

Cependant, dès le départ, les Albanais du Kosovo n’approuvent pas cette décision et n’ont de cesse de revendiquer leur liberté. Rester rattacher à la Yougoslavie, qui était d’avantage une grande Serbie dirigée par la dynastie des Karadjordjevic, ne leur convenait pas. Le roi Karadjordjevic avait d’ailleurs, dès 1918, tenté de les chasser vers la Turquie et l’Albanie et a encouragé les serbes à s’installer au Kosovo afin de coloniser ces terres.

En 1941, lors de l’effondrement du Royaume de Yougoslavie, le Kosovo en profite pour se rattacher à l’Albanie. De ce fait, le peuple albanais, qui a été séparé après les différents accords ayant été conclus dans l’intérêt des grandes puissances à la fin des guerres Balkanique et de la première guerre mondiale, se retrouve à nouveau réuni. Malheureusement, ce ne sera uniquement que pour une courte durée. A partir de 1945, la Yougoslavie s’étant reformée réintègre les terres Kosovares en les dérobant à l’Albanie.

Néanmoins, les choses sont désormais différentes. Pour la première fois dans le royaume Yougoslave, celui qui est à la tête de l’entité n’est pas un serbe. En effet, c’est Ivan Ribar, un croate, qui accède à la présidence et Josip Broz Tito, également croate, au poste de premier ministre. C’est le symbole de la fin d’une « grande Serbie » et le début d’un réel royaume de Yougoslavie unitaire. Le pouvoir n’est plus monopolisé dans l’intérêt d’un seul et même pays. Tito est ensuite élu président en 1953. En 1974, il décide d’accorder un statut de province autonome au Kosovo et à la Voïvodine. Par cette décision, il a ainsi fait preuve d’un grand esprit de stratège car cela lui permettait de refréner les envies sécessionnistes de ces deux régions.

En 1980, Tito décède et les tensions entre les différentes communautés s’accroissent. Le 28 septembre 1990, le Parlement serbe met fin au statut d’autonomie dont le Kosovo et la Voïvodine jouissaient. Suite à cela, se sentant menacé, le peuple albanais du Kosovo organise un référendum clandestin et se déclare indépendant en septembre de l’année 1991. Les autres républiques yougoslaves n’hésitent pas à en faire de même et leurs indépendances sont rapidement reconnues par la communauté internationale, mais pas celle du Kosovo.

A partir de 1996, voyant que la lutte pacifique d’Ibrahim Rugova n’a pas les effets escomptés, et que la répression du gouvernement serbe n’a de cesse de s’intensifier envers la population albanophone, l’UCK décide de prendre les choses en main et de résister. C’est alors qu’en 1998, éclate une guerre violente entre l’UCK, qui est un simple groupe militaire, et la Serbie qui dispose de l’armée serbe et yougoslave. Des discutions, dirigées par les USA, la Russie, l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni seront dès lors engagées, à Rambouillet, entre la Serbie et le Kosovo le 6 février 1999. La Serbie refusant catégoriquement quelque compromis que ce soit, l’OTAN opère donc, le 23 mars, à un bombardement aérien. Le 3 juin, au bout de 78 jours de bombardements, le parlement serbe approuve le plan de paix proposé par le G8.

Par la suite, l’ONU décide de maintenir le territoire du Kosovo sous tutelle le temps que la situation se stabilise et qu’un nouveau statut lui soit trouvé. Réalisant finalement au bout de plusieurs rapports, que la seule option permettant d’assurer la stabilité politique et la viabilité économique de la région est l’indépendance, les occidentaux décident de reconnaître la naissance du nouveau pays le 17 février 2008. Cette date sera donc le dénouement de près de cent ans d’injustices et atrocités perpétrées envers le peuple albanais du Kosovo.

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