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Les Albanais aux Etats-Unis d'Amérique

La diaspora albanaise est aujourd’hui éparpillée un peu partout à travers le monde. Toutefois, lorsqu’on évoque cette population, la tendance est généralement de ne parler que de celle installée en Europe de l’ouest. Une grande partie d’entre elle vit pourtant aux Etats-Unis d’Amérique et a joué un rôle important sur les questions albanaises tout au long du XXème siècle.

Comment se fait-il que cette diaspora soit aussi nombreuse aux Etats-Unis ? De quelle manière s’y est-elle implantée ? Mais surtout, comment est-elle parvenue à influer, à son échelle, sur la situation politique de l’Albanie et du Kosovo. Voici donc les interrogations auxquelles nous allons nous efforcer d’apporter des réponses.

Arrivée des Albanais aux Etats-Unis d’Amérique

Bien que les Etats-Unis d’Amérique possèdent un grand nombre d’informations sur les différents peuples vivant dans son territoire, il est très difficile de retracer, dans les détails, l’histoire de la diaspora d’origine albanaise s’y étant implantée. Il est vrai qu’à la fin des années 1990, elle fut fortement médiatisée, de par la guerre du Kosovo, mais avant cela elle est restée très discrète dans la vie culturelle, économique et politique du pays et peu connue du grand public. Toutefois, en fouillant un peu certaines archives et quelques études la concernant, nous parvenons à distinguer cinq grosses phases de son immigration dans le pays de l’Oncle Sam. Chacune d’entre elle s’explique évidemment par des crises économiques ou politiques.

La première immigration remonte à la fin du XIXème siècle lorsque de jeunes hommes, de milieu rural, de confessions orthodoxes et originaires de la région de Korçë décident de partir à Boston, plus précisément à Worcester, Southbridge et à Natick, pour travailler dans les industries, la restauration ou l’hôtellerie. Ils ne sont que quelques centaines au départ et comme tous les réfugiés économiques, ils ne pensent rester que quelques années, le temps d’économiser suffisamment d’argent avant de retourner chez eux. L’intégration n’est donc pas l’objectif premier et la plupart garde ses attaches à la mère patrie. Leur éloignement développe en leur sein une conscience nationale plus grande et une minorité d’intellectuels se charge de faire mûrir ce sentiment. Ainsi, en 1906, Sotir Peçi, partisan d’une diffusion de la langue écrite albanaise, fonde, à Boston, l’hebdomadaire « Kombi » (Nation) qui était le premier journal en langue albanaise des Etats-Unis d’Amérique. D’autre part, en 1908, Fan Noli, qui sera diplômé d’Harvard quelques années plus tard, créer la première église orthodoxe albanaise. Ce dernier, accompagné de Faik Konitza, créer également Vatra (foyer) en avril 1912 dans l’objectif de militer pour la défense de la cause nationale.

L’indépendance de L’Albanie, le 28 novembre 1912, provoque chez les Albanais des Etats-Unis une envie de retour au pays et nombreux ils seront à franchir le pas. Néanmoins, la réalité reprend rapidement le dessus après quelques années et l’espoir d’une vie nouvelle laisse place au désespoir lié à la situation économique morose et aux désastres causés par les nombreuses batailles durant la première guerre mondiale. De ce fait, l’exil redevient la seul option de survie pour bon nombre d’entre eux et c’est des familles et des villages entiers, qui s’en vont pour un aller simple. L’intégration à la société américaine devient alors une question prioritaire. De 6 % avant 1920, ils passeront à environ 28 % en 1930 à obtenir la nationalité. Évoluant dans le même sens que la population, les organisations albanaises changent d’orientation pour désormais se préoccuper des questions caritatives, culturelles et éducatives. Dès lors, l’association Vatra octroie des bourses aux jeunes Albanais souhaitant poursuivre des études supérieures aux Etats-Unis d’Amérique. L’association « l’union des femmes albanaises » fait également apparition et acquiert très vite un rôle important. En 1928 notamment, après le tremblement de terre à Korça, elle n’hésite pas à financer une partie de la reconstruction de la ville.

L’arrivée au pouvoir d’Enver Hoxha et de son système communiste à la fin des années 1940 mettra fin à l’émigration des Albanais de l’Albanie. Les frontières seront fermées et le pays coupé du reste du monde. C’est à présent au tour de ceux vivant en Yougoslavie de prendre le chemin de l’exil à partir de la deuxième partie des années 1960. Ce fait s’explique par l’ouverture des frontières décidée par Tito. Souffrant d’une certaine discrimination à l’emploi, la population d’origine albanaise entreprend alors de partir à la « ruée vers l’or » pour, qui sait, peut-être réaliser l’American Dream. La plupart partiront cependant surtout en Suisse et en Allemagne. Toutefois, il faut noter, que cette troisième phase d’émigration, contrairement à la précédente et à l’instar de la première, était l’action de certains jeunes hommes partant seuls en laissant leurs familles derrière eux.

Considérations politiques cette fois-ci, les premières et les dernières années de la décennie 1980 inaugurent une quatrième phase. Pour commencer, c’est en 1981, après les manifestations étudiants, que de nombreux Albanais, jeunes et moins jeunes, s’enfuiront du Kosovo pour ne pas être emprisonnés en raison de leurs opinions politiques. En 1989, suite à la suppression unilatérale du statut de province autonome du Kosovo, par Milosevic, de nouvelles personnes reprennent le chemin de l’exil. Finalement, la mort d’Enver Hoxha, en 1985, et l’incapacité de son successeur, Ramiz Alia, à faire face au nouveau contexte créent en Albanie un désastre social obligeant la population à émigrer à nouveau. En dix ans, c’est donc plusieurs dizaines de milliers d’Albanais qui s’en vont.

Bill Clinton et Hillary Clinton dans un camp de réfugiés albanais, en Macédoine, en 1999Pour finir, la guerre du Kosovo, en 1999, marque la dernière phase d’immigration de la communauté albanaise aux Etats-Unis d’Amérique. Les bombardements dirigés par l’OTAN, entre mars et juin de cette année, ont pour effet de pousser Millosevic à accélérer son processus d’expulsion des Albanais du Kosovo. En effet, celui-ci se dit qu’une fois les bombardements terminés, il serait amené à négocier le partage du pays comme quatre ans plus tôt en Bosnie-Herzégovine. Sous la pression des forces militaires yougoslaves, des milliers d’hommes et de femmes se réfugient alors dans des camps en Albanie et en Macédoine, avant de prendre le chemin de l’Europe et des Etats-Unis. En quelques semaines, le nombre de ces réfugiés atteint les 800’000 personnes. Spectatrice de cet événement malgré elle, l’administration Clinton n’a donc pas d’autre choix que de promettre, le 21 juin 1999, de participer à l’accueil de 20’000 réfugiés albanais. Toutefois, seuls 15’825 seront admis et répartis entre cinq villes à forte présence albanaise. A savoir : New York, Boston, Detroit, Chicago et Newark.

Intervention de la diaspora dans les questions politiques et économiques albanaises

Les premières expressions patriotiques de la diaspora albanaise aux Etats-Unis d’Amérique se sont manifestées par la création de journaux et d’organisations communautaires au début du XXème. Nous pouvons entre autres citer Kombi l’hebdomadaire en langue albanaise créé par Sotir Peci en 1906 à Boston, l’association Besa-Besën, en 1907, l’église orthodoxe autocéphale, en 1908, et le journal Dielli, en 1909, créés les trois par Fan Noli. En avril 1912, vient également s’ajouter l’association Vatra étant une union de plusieurs associations albanaises et crée elle aussi par Fan Noli, mais accompagné de Faik Konica. L’objectif était de maintenir chez ces immigrants un lien avec le pays d’origine, mais également d’éveiller en eux une conscience nationale malgré la grande diversité socioculturelle et socioéconomique.

L’indépendance de l’Albanie

Jusqu’en 1912, les différentes organisations albano-américaines tentent tant bien que mal d’apporter leur pierre à l’édifice de l’indépendance albanaise, mais les résultats ne sont pas très probants. Le peuple albanais déclare donc son indépendance sans l’aide de la diaspora. Toutefois, à cette date, les frontières du pays ne sont pas encore délimitées et c’est dans cette question que les Albanais des Etats-Unis font apparition. A la tête de l’association Vatra, Fan Noli et Faik Konica se rendent au congrès de Trieste en mars 1913 et tentent de prévenir le démembrement de l’Albanie souhaité par ses voisins. Avec le soutien de l’Italie et de l’Empire austro-hongrois, ils parviennent à éviter que le pays disparaisse totalement, mais doivent se résoudre à voire près de la moitié du territoire albanais donné au Monténégro, à la Serbie, à l’actuelle Macédoine et à la Grèce. La première guerre mondiale éclate quelques mois plus tard et remet le partage des terres sur l’échiquier politique. De 1914 à 1918, Faik Konica décide de s’engager auprès des chancelleries étrangères afin de défendre l’intégrité de l’Albanie où les différentes puissances en conflits s’affrontent. En ce qui concerne Fan Noli, il reste bloqué en Europe jusqu’en mai 1915 avant de pouvoir rejoindre à nouveau les Etats-Unis d’Amérique.

Session d'ouverture de la Société des Nations en 1920Une fois là-bas, il reprend son travail au journal Dielli en tant que rédacteur en chef. Néanmoins, il n’oublie pas pour autant la cause nationale. Ainsi, en 1917, il est élu à la présidence de Vatra et, en 1918, il fonde l’Adriatic Review qui parait mensuellement en langue anglaise. Il s’attèle dès lors à présenter l’Albanie et sa situation pour sensibiliser la population américaine et ses dirigeants. Petit à petit, il gagne la confiance et le soutien de tous les Albanais des Etats-Unis mais aussi d’un certain nombre de financiers indépendants et de grandes figures politiques. Fan Noli se voit dès lors tout naturellement considéré comme le président de la diaspora albanaise. A ce titre, il est envoyé à Paris, Londres et Washington pour promouvoir la reconnaissance de l’indépendance de l’Albanie. En juillet 1918, lors d’une conférence au Mont Vermont, en Virginie, il fait la connaissance du Président des USA, Woodrow Wilson, et attire sa sympathie. Cette rencontre sera parmi les plus importantes pour la cause nationale albanaise car elle permettra à l’Albanie d’adhérer en 1920 à la Société des Nations (l’actuelle Organisation des Nations Unies) et en conséquence garantir sa souveraineté territoriale et obtenir une reconnaissance internationale totale.

Consolidation de l’état albanais

Les années 1920, se caractérisent à présent par une participation directe des intellectuels de la diaspora dans les questions du pays en s’engageant dans des partis politiques ou des institutions. Fan Noli occupera à tour de rôles des fonctions telles que membre du Parlement, évêque de Korçë, leadeur du Parti Libéral, Premier ministre et régent d’Albanie. Durant son second mandat de premier ministre, le Parlement albanais deviendra le premier Parlement démocratique des Balkans et il entamera une grande modernisation du pays à travers un programme de vingt points. Les plus importants étaient la réforme agraire, la modernisation de l’armée, l’accès aux femmes albanaises à l’éducation et des investissements dans des fonds étrangers. Malheureusement, l’Albanie et ses habitants n’étaient pas prêts à des changements d’une telle envergure et Fan Noli se fera très vite écarter du pouvoir par ses rivaux politiques. Un certain nombre de ces modifications se feront néanmoins quelques années plus tard sous le gouvernement d’Ahmet Zogu.

De son coté, Faik Konica est élu, en 1921, président de la Fédération Vatra, et soutiendra la consolidation de l’état albanais. Il sera également élu Premier ministre d’Ahmet Zogu et représentant diplomatique du Royaume d’Albanie, à Washington, de 1926 à 1939.

Un autre grand homme venant de la diaspora est Sotir Peçi. Nous l’avons évoqué jusqu’à présent en tant que fondateur du journal Kombi, aux USA, mais a aussi occupé une multitude de fonctions très importantes en Albanie. Il fut ainsi, du 14 au 22 novembre 1908, délégué de la communauté albano-américaine au Congrès de Manastir, enseignant à l’école d’Elbasan, député de Korçë, membre du Conseil Suprême de régence et Ministre de l’éducation. A titre posthume, il obtiendra le titre d’enseignant du peuple pour ses nombreuses activités.

Projet Valuable

Avec la retraite politique de Fan Noli au début des années 1930, la mort de Sotir Peci, en 1932 et celle de Faik Konica, en 1942,  la communauté albanaise d’Amérique se retrouve dépourvue de leadeur et n’arrive plus à se rassembler. De ce fait, durant les conflits de la deuxième guerre mondiale, elle ne jouera pour ainsi dire aucun rôle. En revanche, le gouvernement américain ne se retiendra pas de se mêler de la politique de l’Albanie à la fin des années 1940. En pleine guerre froide depuis 1947, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne mettent en plan, en 1949, le Projet Valuable ayant pour but de renverser le régime communiste d’Enver Hoxha qui est très clairement orienté vers le stalinisme. Il s’agit donc, en premier lieu, de freiner l’expansion du communisme stalinien menaçant et, en second lieu, de mettre en place en Albanie un pouvoir politique ayant plus de complaisance envers les intérêts occidentaux. Pour cela, la CIA et le MI6 décident de mener des opérations conjointes en collaborant avec des opposants albanais en exil. Ils feront alors appel à des membres du Balli Kombëtar (Front National) dirigé par Ali Klissura et Mirt’hat Frashëri, à ceux du Partia Lëvizja e Legaliteti (Parti du Mouvement de la Légalité) dirigé lui par Abaz Kupi, un fidèle au roi Zog 1er et à l’Albania Free Committee. Toutefois, les différentes missions échoueront en raison de la trahison de Kim Philby, un officier de liaison entre le MI6 et la CIA. Celui-ci prévenait certains conseillers soviétiques des opérations prévues qui eux rapportaient leurs informations au Sigurimi (services secrets albanais).

La guerre du Kosovo

Avec l’isolement de l’Albanie au reste du monde en 1946, la diaspora albanaise des Etats-Unis décide petit à petit de s’orienter vers un avenir dans le pays d’accueil et oublie quelque peu celui d’origine. Jusqu’à l’arrivée des Albanais du Kosovo dans les années 1970, il n’y aura donc plus aucune ingérence dans les questions politiques de la mère patrie. Il faut alors attendre les manifestations albanaises de Prishtina, en 1981, pour voir à nouveau les migrants se mobiliser. Néanmoins, aucune organisation digne de ce nom ne se formera avant une dizaine d’années plus tard encore. Parmi elles, les plus importantes sont l’Albanian American Civic League (AACL), le National Albanian American Council (NAAC ) et la Ligue Démocratique du Kosovo (LDK). Feront également apparition quelques structures d’envergures un peu moins importantes comme Homeland Calling et le Provisional Government of Kosova .

A travers ces différentes formations l’objectif est de participer à libération du peuple albanais du Kosovo de l’oppression yougoslave. Bien évidemment, chacune d’entre elle possède ses propres moyens et ses propres convictions. l’AACL, basée à New York, et dirigée par Joseph (John) DioGuardi, un américain d’origine Arbëresh et ancien membre républicain du Congrès, entre 1984 et 1988, opte prioritairement pour le lobbying. Connaissant le système décisionnel des Etats-Unis et l’importance du Congrès, la stratégie est de s’y créer un groupe d’influence en finançant les campagnes électorales des futures membres. Ainsi, John DioGuardi parvient à convaincre sept d’entre eux. Ces derniers sont le sénateur Don Nickles, Robert Dole, Benjamin Gilman, Mitch McConnell, Alfonse d’Amato, Tom Lantos et Eliot Engel. En 1990, lors d’un voyage au Kosovo, il leur présentera d’ailleurs Ibrahim Rugova afin de mieux les sensibiliser à la cause albanaise.

Harry-BajraktariCertaines divergences d’opinions sur des choix politiques, la définition des priorités, les stratégies à adopter et des querelles de personnes créeront une scission de l’organisme en 1995. La NAAC est alors crée en 1996, à Washington, par Sami Repishti , un célèbre juriste originaire de Shkodër et Harry Bajraktari le propriétaire du journal albanais Illyria News. En ce qui la concerne, elle vise à se faire le trait d’union entre les hommes d’affaires américains et les hommes d’affaires albanais venant d’Albanie, du Monténégro et du Kosovo. De plus, elle souhaite rallier ceux qui, parmi la diaspora, ont réussi socialement et professionnellement de manière à devenir un important réseau d’influence.

La LDK, formée au Kosovo, ouvre un bureau à New York, en 1990, et c’est Rrustem Ibraj qui la dirige. Ses intentions sont d’organiser, tout comme en Europe, la collecte des 3 % ayant pour but de maintenir en place les institutions parallèles du Kosovo telles que le Parlement, les écoles ou les hôpitaux privés, mais également de promouvoir les questions albanaises à travers les médias et l’élite politique américaine.

Homeland Calling et Government of Kosova quant à eux, sont les représentants de L’UÇK en Amérique. Le but du premier est de récolter des fonds pour soutenir la résistance armée et faire connaitre son combat. Le deuxième lui, souhaite représenter Hashim Thaçi auprès de la diaspora. Au départ, ces deux groupes ont quelque peu de mal à convaincre en raison des étroites relations entre l’UÇK et la LPK qui est vue par la population originaire d’Albanie comme un parti au profil marxiste-léniniste. Les souvenirs de la terrible dictature d’Enver Hoxha sont encore trop proches pour faire abstraction de cet élément. L’AACL, prend assez vite le soutien de l’armée de libération du Kosovo. Il est vrai que John DioGuardi était, au départ, plutôt orienté vers la résistance pacifique d’Ibrahim Rugova, mais le peu de résultat obtenu et l’échec de Dayton le fît changer d’avis. Vatra et NAAC attendront eux que Sali Berisha, le président de l’Albanie, laisse l’UÇK établir des camps d’entrainement aux environs de Mirditë pour revoir leur jugement. Les citoyens albano-américains restent fidèles à la LDK, mais le massacre de la famille Jashari, en mars 1998, les convainc qu’il n’y a plus d’autre alternative à la guerre. Notamment grâce à Florin Krasniqi, depuis 1997 déjà, une énorme somme d’argent avait été récoltée pour l’armée de libération, cependant cet événement amène une augmentation significative des dons.

Avec les bombardements de l’OTAN, à partir du 24 mars 1999, le gouvernement américain se voit contraint à accueillir des réfugiés du Kosovo. La mobilisation communautaire se met alors en place par l’intermédiaire des réseaux familiaux et des organisations communautaires, associatifs et religieux. Des vêtements, une aide au logement et un soutien psychologiques sont apporté à tous ceux qui en ont la nécessité. Un effort très important est alors réalisé pour sensibiliser l’opinion publique américaine. Des dizaines de témoignages paraissent à travers les médias pour montrer l’horreur vécue au pays et la diaspora n’hésite pas à afficher sa cohésion malgré la diversité confessionnelle. Le fait d’être musulman, catholique ou orthodoxe n’a pas d’importance, ce qui importe est l’unité albanaise.

Conclusion

A travers ce texte, nous observons la grande diversité culturelle, économique et religieuse de la communauté albanaise des Etats-Unis d’Amérique. Si un certain nombre d’Albanais y sont allés, malgré eux, pour acquérir un niveau de vie meilleur que celui qu’ils avaient dans leur pays d’origine, d’autre par contre s’y sont rendus de leur plein gré pour tenter d’apporter une solution à la situation politique de l’Albanie. Toutefois, malgré ces différences qui les séparaient, la cause nationale les réunissait autour d’un seul et même but. De cette manière, quelques intellectuels sont parvenus à créer des journaux et des associations qui, au fil des années, sont devenus très importants en Amérique, mais également dans les Balkans.

Nous constatons également, qu’une fois le but de l’indépendance de l’Albanie et de sa sécurité fut atteint, ces mêmes Albanais se sont peu à peu éloignés du pays d’origine pour se consacrer à la vie dans celui d’accueil. Il n’y avait dès lors plus de cause pouvant les mobiliser comme auparavant, mais il était également devenu plus important de s’intégrer à la société américaine étant donné que toutes leur attaches se situaient désormais là-bas. Les organisations culturelles et religieuses ont d’ailleurs suivis la même voie. Il était important pour elles de garder un lien avec la population immigrée et de ne pas s’en détacher. Aujourd’hui, il est estimé que leur nombre se situe entre 200’000 et 400’000. Toutefois, il faut prendre ces chiffres avec une grande prudence car un grand nombre d’Albanais, en raison de la région d’origine de laquelle ils sont partis et le passeport qui leur a été attribué, sont considérés à tord comme des Grecs, des Macédoniens, des Serbes, des Monténégrins ou des Turques.

Outre l’implication qu’elle a eue dans les questions politiques albanaises, la diaspora en provenance des Etats-Unis a surtout réussi à sensibiliser la société américaine sur la situation des Albanais. Dans le cas du Kosovo par exemple, il est évident que ce ne sont pas les organisations telles que Vatra, l’AACL ou la NAAC qui ont poussé le gouvernement américain à soutenir le bombardement de l’OTAN, mais elles ont réussi à mettre cette question sur l’agenda politique en gagnant le soutien de l’opinion publique, en s’attirant la sympathie de certaines grandes figures (membres du Congrès, Sénateurs), mais également en leur présentant les intérêts qu’ils pourraient y trouver dans la région.

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