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La yougoslavie

Le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes

Les premières années du Royaume des Serbes, Croates et Slovènes révèlent toute la complexité de l’Etat commun. Il s’agit en effet d’un Etat composite, regroupant des populations de traditions religieuses, politiques et culturelles diverses.

Les années vingt sont une période d’instabilité politique dans le nouveau royaume. Les institutions du pays tardent à se mettre en place et la Constitution du Royaume des Serbes, Croates et Slovènes n’est proclamée qu’en juin 1921 alors que cette entité existe depuis 1918. Cependant, le parti paysan croate ne reconnaît pas le nouvel Etat.

La vie politique est dominée par le Parti démocrate et le Parti radical serbe qui sont favorables au centralisme et à l’unitarisme yougoslave. Toujours est-il, c’est le roi Alexandre Karadjordjevic qui a le pouvoir en main et les crises gouvernementales se succèdent. Entre 1918 et 1929, sur 23 crises gouvernementales, le roi sera responsable de 21 d’entre elles.

Le parti paysan croate luttant pour l’instauration et la reconnaissance d’un état n’a de cesse de monopoliser la vie politique. En 1925, le gouvernement décide alors d’interdire son mouvement et fait arrêter ses dirigeants. Par conséquent, Stjepan Radic (président du parti paysan croate) se voit contraint à reconnaître la Constitution du royaume yougoslave afin que son parti soit réintégré au gouvernement.

Malgré cela, les divergences ne cessent et le 20 juin 1928, Stjepan Radic est victime d’un attentat en pleine séance de l’Assemblée nationale. Au bout de dix années de vie commune, les élites politiques des différents groupes nationaux ne sont pas parvenues à trouver un accord sur l’organisation et la forme de l’Etat.

1ère Yougoslavie

Le 6 janvier 1929, le roi Karadjordjevic instaure la dictature à l’aide de l’armée et ne tarde pas à prend le contrôle des pouvoirs exécutif et législatif. Il supprime ensuite la Constitution de 1921 et interdit les partis politiques. Dans le but d’imposer l’idée d’une nation yougoslave unie, il transforme alors, en octobre 1929, le nom de l’Etat en Royaume de Yougoslavie.

En 1934, en pleine crise économique mondiale, l’Organisation révolutionnaire intérieure macédonienne au service des nationalistes croates du mouvement Oustachi et macédoniens assassine le roi Alexandre Karadjordjevic à Marseille le 9 octobre.

Etant donné que l’héritier au trône, Pierre II de Yougoslavie, est mineur à la mort de son père, c’est le prince Paul Karadjordjevic qui prend la direction du Royaume. En mai 1935, afin que les partis d’opposition puissent se présenter, de nouvelles élections sont organisées et c’est Milan Stojadinovic qui est élu. Ce dernier opère à une réorientation de la diplomatie et se rapproche de cette manière des forces de l’Axe (Allemagne et Italie).

En 1939, Dragisa Cvetkovic prend le pouvoir. Il décide de mener des discutions avec le Parti paysan croate, afin de résoudre le problème croate et, en août 1939, une autonomie est accordée à la Croatie.

Finalement, le 27 mars 1941, un coup d’état organisé par l’armée renverse le pouvoir de la famille royale afin de protester contre le ralliement à l’Axe.

2ème Yougoslavie

Du 29 novembre au 4 décembre 1943, alors que les négociations avec le gouvernement royal en exil continuent, la Fédération démocratique de Yougoslavie est constituée durant le Conseil anti-fasciste de libération nationale de la Yougoslavie qui se tient à Jajce. Le 29 novembre 1945 la République fédérale populaire de Yougoslavie est établie en tant qu’état socialiste, lors du premier rassemblement du parlement, à Belgrade. Le 31 janvier 1946, la constitution de la RFPY est établie et six républiques sont crées.

Le premier président est Ivan Ribar et le premier ministre Josip Broz Tito. En 1953, Tito est élu à la présidence et sera nommé président à vie en 1974.

À la différence des autres états d’Europe centrale et de l’est, la Yougoslavie eut la possibilité de se détacher de la tutelle de Moscou. Ne voulant pas s’aligner aux autres pays, elle n’était ni membre du pacte de Varsovie ni de l’OTAN.

En 1980, Tito meurt et les tensions entre les différentes nations de la RFSY s’accroissent. C’est alors qu’en 1991, la Croatie, la Slovénie, la Macédoine et la Bosnie-Herzégovine font sécession.

3ème Yougoslavie

A la fin des guerres de l’ex-Yougoslavie, il ne reste plus que deux républiques, c’est-à-dire, la Serbie et le Monténégro. Elles forment la République fédérale de Yougoslavie qui sera plus tard dissoute et renommée Communauté d’États de Serbie-et-Monténegro en 2003. Elle se sépare finalement en deux états totalement indépendants le 3 juin 2006 après la proclamation d’indépendance du Monténégro par référendum.

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