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Rugova
Né le 2 décembre 1944, à Cerrcë, dans la commune d’Istog, Ibrahim Rugova est le premier Président du Kosovo. Durant de très nombreuses années, il a été la figure de proue des indépendantistes albanais, mais aussi le symbole de la lutte non-violente exercée pour contrecarrer l’apartheid voulu par le régime Milosevic. Il gagnera ainsi le surnom de « Gandhi des Balkans ».

Cependant, depuis l’indépendance de 1991 qui ne fut pas reconnue par les grandes nations, lors des accords de Dayton en 1995, une partie de l’opinion publique albanaise s’en est quelque peu détachée et certains se sont mis à les dénigrer lui et ses positions allant à l’encontre de ce qui avait coutume de se pratiquer dans les Balkans de l’époque.

Qui était Ibrahim Rugova ? Pourquoi est-il à la fois tant adulé et décrié ? Et surtout, quelles sont les contributions de sa lutte pacifique pour l’indépendance du Kosovo ?

Jeunesse et formations académiques
Un mois après sa naissance, la vie d’Ibrahim Rugova prend immédiatement un sombre tournant. Pour cause, son père Ukë et son grand père Rrustë sont tous deux assassinés, le 10 janvier 1945, par les communistes yougoslaves en raison de leur appartenance au groupe patriotique Balli Kombëtar (Front National). Ibrahim Rugova est alors pris en charge par son oncle et grandit aux cotés de ses six cousins jusqu’à la fin de ses études secondaires, à Pejë, en 1967.

Dès lors, il part à Prishtina où il obtient, en 1971, un diplôme universitaire en langue et littérature albanaise. De 1976 à 1977, il passe une année à l’Ecole Pratique des Hautes Études de Paris, sous la supervision du professeur Roland Barthes, et approfondit ses connaissances littéraires. En 1984 ensuite, il obtient un doctorat à l’Université de Prishtina.

Parcours professionnel et engagements politiques
Grand passionné d’écriture, Ibrahim Rugova entame sa carrière professionnelle en tant que rédacteur en chef du journal étudiant « Bota e re » (nouveau monde) et de la revue scientifique « Dituria » (connaissances) de 1971 à 1972. Jusqu’à la fin des années 1980, il travaille ensuite à l’institut d’albanologie de Prishtina en tant que chercheur et devient, durant une période, le rédacteur en chef de la revue « Gjurmime albanologjike » (recherches en albanologie). Reconnaissant son talent, en 1988, l’association des écrivains du Kosovo le nomme Président. Cette dernière se distingua entre autre comme le noyau du mouvement d’opposition albanais à l’oppression exercée par le régime serbe au Kosovo.

Assemblée constituante de la LDK le 23 décembre 1989De ce fait, après la suppression de l’autonomie en mars 1989, quelques membres de l’association des écrivains albanais du Kosovo décident, en septembre de la même année, de fonder un parti politique réunissant les différents intellectuels de l’époque. Ces derniers étaient: Jusuf Buxhovi, Ibrahim Berisha, Milazim Krasniqi, Mehmet Kraja et Xhemail Mustafa. Jusuf Buxhovi rédigera le programme et les statuts et contactera ensuite Ibrahim Rugova, Ali Aliu, Ajri Begu, Basri Çapriqi, et Ramiz Kelmendi, qui avec leurs signatures deviendront membres du conseil fondateur du parti. Après eux s’ajoutent également : Fehmi Agani (il participera considérablement à l’écriture de la version finale du programme du parti), Bujar Bukoshi, Zenel Kelmendi, Zenun Çelaj, Jusuf Bajraktari, Mustafë Radoniqi, Hysen Matoshi, Neshet Nushi, Idriz Ajeti, Mark Krasniqi, Dervish Rozhaja, Anton Çeta, et Zekeria Cana. (Ces deux derniers s’étaient également démarqués par leur engagement au mouvement « Pajtimi i Gjaqeve » (réconciliation du sang). Le samedi 23 décembre, le parti est finalement créé dans les locaux de l’association des écrivains albanais et prend le nom de « Lidhja Demokratike e Kosovës » (Ligue Démocratique du Kosovo). Nonante-six adhérents valident sa création par leurs signatures et élisent à l’unanimité :

Président de la LDK : Ibrahim Rugova
Secrétaire : Jusuf Buxhovi
Membres de la direction : Fehmi Agani, Bujar Bukoshi, Ali Aliu, Nekibe Kelmendi et Mehmet Kraja

La réunion fut suivie par plusieurs correspondants et journalistes des journaux tels que : Rilindja, Tanjugu, Radio televizioni i Prishtinës, Oslobogjenje, Vjesniku et Radio Lubjana.

Conformément à la loi, le programme de la Ligue Démocratique du Kosovo est envoyé, le lundi 25 décembre, aux organes judiciaires de la région. Par la même occasion, après avoir été traduit en anglais, il est également adressé à l’ambassade des USA, d’Angleterre, d’Allemagne et de France à Belgrade et à certaines des plus grandes agences de presses.

Mise en place des institutions parallèles et difficultés à les tenir
Comme vous pouvez le découvrir dans le paragraphe « La genèse de l’UÇK » de l’article consacré à Adem Jashari, après la suppression de l’autonomie du Kosovo un vaste plan ayant pour but l’apartheid des Albanais a été mis en place par le régime Milosevic. Ainsi, pour ne pas se laisser écraser par les nombreux décrets, ordonnances, lois et règlements nouvellement votés, la LDK met en place des institutions et une économie parallèles. De nombreux mouvements politiques albanais existaient déjà depuis bien longtemps, mais ces derniers ne pouvaient pas agir par des mesures concrètes en raison de leur illégalité.

De ce fait, la Ligue Démocratique du Kosovo décide d’agir et vite. Le 2 juillet 1990, la déclaration d’indépendance est rédigée. Le 7 septembre de la même année, à Kaçanik, la république est proclamée et la constitution est votée. Un an plus tard, un référendum populaire est organisé en faveur de l’indépendance. Et finalement, le 24 mai 1992, des élections pour le parlement et pour la présidence du pays se déroulent. Vingt-quatre formations politiques y prennent part et quatre d’entre elles rentrent au parlement. Par son triomphe à la présidentielle et le succès de son parti, Ibrahim Rugova en ressort grand vainqueur et devient sur le plan international le visage des Albanais du Kosovo. Il s’en suit alors, plusieurs rencontres entre lui et de nombreux dirigeants occidentaux pour leur faire part de la situation critique de la région. Cela avait déjà commencé dès l’année 1990 lorsque John DioGuardi, Président de l’AACL, fit un voyage diplomatique avec sept membres du Congrès des États-Unis pour leur présenter Ibrahim Rugova.

Remise de la médaille d'or de la Ligue de Prizren à John Dioguardi en 2005A partir de 1991, sous la direction de Bujar Bukoshi, une taxe de 3% sur le revenu des Albanais du pays et de la diaspora est instaurée. Ainsi, de nombreux bureaux de perceptions sont créés un peu partout en Europe et aux États-Unis d’Amérique. Ces fonds sont destinés à financer la gestion du parti et du Parlement, mais aussi à créer des écoles et des hôpitaux en faveur de la population albanaise. De nombreux appartements, greniers, caves, entrepôts, et autres lieux privés sont gratuitement mis à disposition par le peuple. Ils seront plus de 400’000 élèves à être scolarisés en albanais par ce biais là. D’autre part, l’Institut Historique du Kosovo, ayant été fermé le 30 juillet 1992, et dans lequel plus de 20’000 livres et documents sur l’histoire albanaise ont été détruits, ouvre à nouveau en 1995 sous la direction du Dr. Fehmi Rexhepi. Cela permet ainsi, tant bien que mal, de maintenir, pendant quelques années, la résistance contre la discrimination de l’administration serbe. Rugova et ses amis espèrent interpeller l’Europe sur les valeurs qui la fondent et obtenir son aide pour enrayer l’oppression tenue par Milosevic. Toutefois, les efforts ne produisent pas les résultats souhaités. En 1995, des divergences d’opinions interviennent alors au sein de la Ligue Démocratique du Kosovo. Une altercation se produit entre Rugova et son premier ministre Bukoshi sur la gestion des institutions parallèles et des fonds. Ce dernier reproche au Président ses tentatives de compromis avec son homologue serbe pour autoriser le retour des enfants dans les écoles d’état. En d’autres termes, il estime que Rugova abandonne la politique d’indépendance. Ces critiques valent alors à Bukoshi d’être écarté du pouvoir et des décisions importantes. En représailles, celui-ci coupe les fonds à son parti et le laisse sans argent.

Pour ne pas provoquer de controverse, malgré son absence dans la scène politique, Bujar Bukoshi utilise cette somme, environ 56 millions de marks (28 millions d’Euros), pour créer l’Union des Fonds pour la Reconstruction du Kosovo et il verse plusieurs montants à des projets locaux dans les municipalités dirigées par la LDK. Certains prétendent qu’il aurait également financé l’UÇK avec une partie de cet argent.

En plus de cela, après la guerre, Ibrahim Rugova est aussi accusé par une partie de ses membres de faire preuve de népotisme. Ces derniers estiment qu’il a tendance a favoriser un cercle limité de militants et d’amis fidèles dans le contrôle de la LDK et d’ignorer d’autres figures-clés. Bujar Bukoshi joue alors de la situation et pense à former un nouveau parti, mais hésite car il devrait de ce fait faire face aux ténors comme Edita Tahiri ou Sabri Hamiti. Par ailleurs, cela créerait énormément de tensions au sein de la Ligue Démocratique et risquerait de favoriser les partis adverses. Un compromis est alors trouvé entre les deux hommes et Bujar Bukoshi reste dans le parti.

Échecs de la lutte non violente
En décembre 1995, les accords de Dayton mettent fin à la guerre de Bosnie et aux guerres yougoslaves. Cependant, ceux-ci oublient, ou il serait plus juste de dire ignorent, la question du Kosovo afin de ne pas irriter Milosevic et risquer ainsi un prolongement des négociations. Cette décision des USA et de l’Europe assène au président du Kosovo un coup lourd de conséquences pour la suite. En effet, dans les Balkans où les coups de gueule et les discours enflammés font en général le succès des compagnes électorales, la population albanophone ayant fait preuve d’une grande maturité politique jusqu’à lors en optant pour la résistance pacifique se sent trahie et décide de soutenir la résistance militaire. Cet état d’esprit est également partagé par les grandes organisations de la diaspora telle que l’AACL, qui se détournera alors de Rugova durant quelques années et se ralliera à l’UÇK ou alors Vatra et NAAC de 1997 à 1999 (article : Les Albanais aux Etats-Unis d’Amérique).

L’armée de libération du Kosovo acquiert de ce fait un nombre impressionnant d’adeptes en quelques mois. Le 28 novembre 1997, lors des obsèques d’Halit Geci, enseignant à Llausha, plusieurs membres de l’UÇK décident de s’afficher publiquement avec leur uniforme de combat. Tout un symbole, lorsqu’on connait la signification de cette date, mais également les milliers de personnes présentes ce jours là. L’UÇK marque les esprits et devient, pour beaucoup de personnes, la seule alternative.

Pensant toujours nécessaire de poursuivre les négociations avec les gouvernements occidentaux et celui de Serbie pour trouver une solution pacifique au conflit, Ibrahim Rugova décide d’organiser de nouvelles élections dans le but de prouver sa légitimité en tant qu’interlocuteur. Celles-ci se déroulent le 22 mars 1998, mais de nombreux groupes politiques décident de les boycotter après que leur demande de les repousser, en raison de l’intensification des combats entre l’UÇK et les forces yougoslaves, ait été refusée. En conséquence, seuls dix partis et trois associations se présentent lors de ce deuxième scrutin parallèle. Rugova en sort vainqueur et est à nouveau élu Président malgré les nombreuses polémiques dont il fut la cible de ses opposants. Il s’attache alors, à nouveau, à aller à la rencontre des grands leadeurs étrangers pour les convaincre d’agir en faveur des Albanais.

Malgré la mort d’Adem Jashari et de ses proches, le 7 mars, l’UÇK continue à résister, mais les exactions serbes n’ont de cesse de s’intensifier et la population albanaise subit de plus en plus l’oppression policière et militaire. Cela dure toute l’année 1998 jusqu’à la fin janvier 1999. Ne se regroupant jamais mieux que devant le malheur, la communauté internationale décide d’entamer des négociations, le 6 février, à Rambouillet, afin de faire cesser les massacres. Après plusieurs jours, la Serbie s’entête à refuser les accords présentés et subit en conséquence, le 24 mars, les bombardements de l’OTAN. Au bout de onze semaines, Milosevic capitule et, le 9 juin, un accord de paix est signé à Cologne au sein du G8.

Protectorat international

Accord de Rambouillet le 23 février 1999Avec la fin de la guerre, rares étaient ceux à avoir imaginé que l’indépendance ne serait pas immédiatement au rendez-vous. Après les licenciements en masses des Albanais par le gouvernement serbe entre 1989 et 1992, l’interdiction aux soins médicaux dans les hôpitaux de l’état, l’exclusion de leurs enfants des établissements scolaires et universitaires durant de nombreuses autres années, les tentatives de modification ethnique du territoire par plusieurs lois incitant les serbes à s’installer au Kosovo et poussant les Albanais à partir, le Kosovo n’a pas eu, de facto, droit à l’indépendance et est passé sous tutelle des Nations Unies. Les raisons à cela se trouvent dans les Accords de Rambouillet, signés par la délégation albanaise et stipulant que l’hypothèse d’une indépendance ne pourrait être envisagée qu’au terme d’une transition de trois ans.

Sous supervision internationale, des élections locales sont organisées le 28 octobre 2000. Quatre types de candidats pouvaient s’y présenter. Les partis politiques, les coalitions de partis, les initiatives citoyennes et les candidats indépendants. Cela fera au total trente-neuf entités différentes (19 partis politiques, 2 coalitions de partis, 3 initiatives citoyennes et 15 candidats indépendants). Trois partis recueilleront cependant la grande majorité des suffrages. La LDK d’Ibrahim Rugova avec 58 % des voix, le PDK d’Hashim Thaçi avec 27.3 %, et l’AAK de Ramush Haradinaj avec 7.7 %.

A titre d’information, le PDK est la fusion du Parti de l’Union Démocratique (Partia e Bashkimit Demokratikë, 4 juillet 1999) de Bardhyl Mahmuti, avec des éléments de l’UÇK, qui prendra le nom de Parti pour le Progrès Démocratique du Kosovo (Partia për Progres Demokratik të Kosovës) le 14 octobre 1999. Celui-ci changera son nom en Parti Démocratique du Kosovo le 21 mai 2000. Pour ce qui est de l’AAK, elle est composée de six partis politiques : l’AQK, de Ramush Haradinaj, le PPK de Bajram Kosumi, la LKCK de Sabit Gashi, la LPK d’Emrush Xhemajli, l’UNIKOMB d’Ukshin Hoti et le PSHDK de Lazer Krasniqi.

Sous la direction d’Ibrahim Rugova, la LDK remporte ensuite les élections nationales de novembre 2001, les élections locales de septembre 2002 et les élections nationales du 23 octobre 2004. Il s’agit alors d’œuvrer pour remplir les nombreuses normes établies par la MINUK en vue d’établir les discussions sur le futur statut de la région, mais aussi de maintenir les discutions avec Belgrade afin d’essayer de trouver un compromis. Néanmoins, sachant que la Serbie n’est prête à accorder au Kosovo qu’une simple autonomie et que les Albanais veulent l’indépendance, les négociations sont, dès le départ, vouées à l’échec. En 2005, Martti Ahtisaari, ancien Président finlandais et envoyé spécial de l’ONU, est alors chargé de superviser les pourparlers et de rédiger un Pacte qu’il proposera aux deux camps. Le 26 mars 2007, il recommande au Conseil de Sécurité d’opter pour une indépendance sous supervision internationale. A quatre reprises, la Russie rejette le plan. Exaspérés, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l’Allemagne, la France, et de nombreux autre pays l’avertissent qu’ils pourraient reconnaître unilatéralement l’indépendance si elle se borne à ne pas vouloir faire d’efforts. C’est ce qui finit en fin de compte par se produire le 17 février 2008. Ibrahim Rugova décéda toutefois, le 21 janvier 2006, et n’eut pas la possibilité d’assister à ce dénouement.

Conclusion
Quel que soit l’avis ou l’opinion que chacun peut nourrir envers Ibrahim Rugova, par son parcours et ses engagements, il est sans conteste, l’une des figures marquantes de l’histoire moderne du Kosovo. Tous les mouvements sociaux, économiques ou politiques sont symboliquement représentés par un voir plusieurs hommes ou femmes, et à côté d’Adem Jashari, Ibrahim Rugova est devenu l’image de la résistance albanaise à l’oppression yougoslave et serbe des années 1990.

Un certain nombre de reproches peuvent toutefois lui être portés sur quelques unes de ses positions politiques intérieures. Notamment, son obstination à n’avoir jamais voulu reconnaitre l’armée de libération pendant et après la guerre, même si, en 2004, il a décoré du titre de « Héros du Kosovo » le légendaire commandant de l’UÇK. Mais aussi, son entêtement à vouloir mener une politique de paix et de négociations, avec la Serbie, durant les périodes les plus critiques où l’issue non-violente n’était plus une option envisageable. Ou finalement, le manque de discutions, même s’il n’en était pas le seul responsable, avec certains membres de son parti ou de ses opposants, qui finira parfois par porter préjudice à ses convictions pacifiques ou à le faire accuser de népotisme.

Aussi bien l’homme que sa politique peuvent être critiqués sur certains points, il n’en reste pas moins, que chacun d’entre eux comporte également des bienfaits et sont tout autant à prendre en considération. Il est donc important de noter que la décision d’Ibrahim Rugova d’instaurer une résistance citoyenne pacifique joua un rôle crucial durant la première moitié de la décennie 1990. Pour cause, il était probablement inconcevable de rentrer en conflit militaire avec la Yougoslavie alors que le Kosovo ne possédait aucune armée pouvant prendre sa défense. De plus, ne disposant, à l’époque, d’aucun statut d’état ou même de province, la volonté de ne pas se précipiter en mettant d’abord en place des institutions parallèles, en se dotant d’une constitution et en proclamant une république était primordiale. Pour finir, des années durant, la résistance pacifique a été l’instrument qui a permis au peuple albanais de s’indigner sans pour autant risquer de se faire museler et exterminer lorsque l’opinion publique internationale ne savait ni où était le Kosovo ni qui étaient les Albanais.

Récompenses internationales
1995 : Prix de la paix de la fondation Paul Litzer (Danemark)
1996 : Docteur honorifique de l’Université Paris VIII (Sorbonne)
1998 : Prix Sakharov du Parlement européen
1999 : Prix de la paix de la ville de Münster (Allemagne)
1999 : Citoyen honorifique des villes de Vienne, Milan et Brescia (Italie)
2000 : Prix de la paix de l’Union Démocratique de Catalogne (Espagne)
2004 : Prix européen de Sénateur honorifique par la fondation « Coudenhove-Kalergi »
2004 : Amis des Etats-Unis d’Amérique par l’État de Pennsylvanie
2004 : Docteur honorifique de l’Université de Tirana
2006 : Odre du drapeau national par Alfred Moisiu le Président d’Albanie
2007 : Héros du Kosovo par Fatmir Sejdiu le Président du Kosovo (à titre posthume)

Bibliographie
1971 : Prekje lirike
1976 : Bibliografia e kritikës letrare shqiptare 1944 – 1974 (En collaboration avec Isak Shema)
1978 : Kah teoria
1979 : Kritika Letrare (nga De Rada te Migjeni) (En collaboration avec Sabri Hamiti)
1980 : Strategjia e kuptimit
1982 : Vepra e Bogdanit 1675 – 1685
1986 : Kahe dhe Premisa të kritikës letrare shqiptare 1504 – 1983
1987 : Refuzimi estetik
1991 : Pavarësia dhe demokracia
1994 : Çështja e Kosovës
2005 : Kompleti i veprave të Ibrahim Rugovës në tetë vëllime

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