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Statue de Skanderbeg à Tirana

Statue de Skanderbeg à Tirana

Lorsqu’on réfléchit à une destination pour y passer un week-end, peu sont ceux qui pensent à Tirana. Bien avant, il vient plus naturellement à l’idée de tout un chacun d’aller à Paris, Londres, Berlin, Amsterdam, Madrid ou dans d’autres métropoles européennes. Bien sûr, ce sont des lieux plus touristiques et bien mieux desservis en terme de transports à bas coûts. Pourtant, certaines villes des Balkans commencent gentiment à tirer leur épingle du jeu et à se rendre tout autant attractives aux yeux de ceux qui souhaitent changer d’air, visiter et s’amuser.
A travers cet article, nous allons alors tenter de vous dévoiler quelques facettes de cette ville sous un angle différent, celui d’un touriste allant dans l’une des capitales précédemment mentionnées. Quels sont les lieux culturels à découvrir ? Qu’est-ce qu’il est possible de réaliser comme activités ? Deux questions que de nombreuses personnes se posent lorsqu’elles partent à la découverte d’une nouvelle contrée et auxquelles nous allons alors tenter d’y répondre pour Tirana.

Vendredi 27 novembre 2015
Domiciliés en Suisse romande et ne voulant consacrer que trois jours à ce week-end prolongé, le premier point à régler était celui du moyen de transport. La solution de la voiture, souvent privilégiée pour les séjours plus longs, a naturellement été tout de suite exclue. Entre l’aller et le retour, trop de temps aurait été passé sur la route. L’avion était alors la meilleure solution. Les aéroports de Genève, Bâle et Zurich ne convenant pas en raison du coût des billets ou du nombre d’heures séparant le départ et l’arrivée, nous avons consulté les vols depuis les aéroports de Turin, Gènes et ceux à proximité de Milan. Prix attractifs et voyages à différentes heures de la journée, il était possible de se rendre à Tirana en 1h30 environ et pour un peu moins de 140 euros. Pour ceux que ça intéresse, nous vous recommandons d’ailleurs de télécharger l’application « momondo » grâce à laquelle, en quelques secondes, pour n’importe quelle destination, il est possible de dénicher les meilleures correspondances. Plus besoin donc de consulter quinze sites internet différents pour comparer les prix et les horaires.

Arrivés à l’Aéroport Nënë Tereza, nous avons tout d’abord récupéré la voiture louée avant le départ pour 15 euros par jour et sommes ensuite partis en direction du village de Krujë, où se situe la forteresse du célèbre Gjergj Kastrioti, plus communément appelé Skanderbeg. Sur place, vous y trouverez un musée bâti sur les ruines du château qui, au XVème siècle, était la capitale de la principauté de Arbër. Inauguré le 1er novembre 1982, ce musée a été conçu par Pranvera Hoxha et Pirro Vaso et est l’un des plus visités d’Albanie. Il est subdivisé de manière chronologique en quatre pavillons : l’antiquité et le haut moyen-âge, les principautés albanaises et l’invasion ottomane, les châteaux du moyen-âge et la résistance de Skanderbeg et, finalement, l’héritage. Y sont entre autres exposés quelques documents originaux et des reproductions ainsi que de nombreux objets mettant en lumière l’histoire nationale à travers ces différentes périodes. Pour conclure la visite, il vous est possible de monter au dernier étage depuis lequel une vue splendide est offerte sur Tirana, Durrës et les bords de la mer adriatique.
Sur les petites ruelles piétonnes menant au musée, il y a aussi un marché avec quelques boutiques tenues par des locaux qui y vendent des produits artisanaux et des objets plus récents en lien avec l’histoire du pays. Vous pourrez ainsi y trouver différents souvenirs comme des « plis » (chapeau albanais), des « çifteli » (instrument à deux cordes), des habits traditionnels, des bijoux ou des broderies diverses et variées. Voulant préserver ce vieux marché, le Ministère du développement urbain et du tourisme d’Albanie, en partenariat avec la Fondation albano-américaine pour le développement (AADF), le Ministère de la culture, la municipalité de Krujë et la communauté des entrepreneurs artisanaux ont signé un accord le 4 septembre 2014. Celui-ci prévoit une donation d’environ 800’000 dollars de l’AADF qui doit être utilisée pour entreprendre des travaux de rénovations des pavés, des toits et des façades des boutiques. Egalement, il est prévu de créer un label pour certifier la provenance des produits artisanaux vendus dans le marché ainsi que d’aider les propriétaires des boutiques à améliorer leur modèle d’affaire.

Quelques heures plus tard, départ pour notre destination principale qu’était Tirana et arrêt à l’hôtel pour y poser nos affaires. Y ayant déjà séjourné à quelques reprises, notre choix s’est porté sur l’hôtel Vila e Artë, situé à 500 mètres du « Sheshi Skënderbej » (Place Skanderbeg), qui ne nous a pas coûté plus de 160.- euros pour deux nuits et quatre personnes. Après un moment de repos, venait alors le moment de se préparer pour sortir et découvrir la vie nocturne, haute en couleurs, de la capitale albanaise. Départ tout d’abord pour le quartier appelé « Blloku » où se trouvent plusieurs bars et restaurants dans lesquels de nombreux jeunes aiment aller s’amuser et faire la fête. Parmi ces établissements, il y a entre autres le Rooftop XVI situé dans l’immeuble Sky Tower, le Lollipop Club ou le Colonial Cafe. Afin d’y poursuivre la soirée, vous pouvez ensuite vous rendre au Folie Terrace, qui, sans conteste, est l’une des meilleures discothèques de la région. Y diffusant principalement de la musique électronique et house, avec parfois du RnB et de la pop, les DJ vous donneront l’impression d’avoir plongé dans un bain de foule paradisiaque.

Samedi 28 novembre 2015
Après une courte nuit de sommeil, la matinée débute avec quelques festivités préparées en l’honneur du 103ème anniversaire de la proclamation d’indépendance. A cette occasion, nous avons croisé et échangé quelques mots avec Mr. Mehmet Elezi, ancien ambassadeur d’Albanie en Suisse, avec lequel, en juin 2014, notre association avait co-organisée, en partenariat avec l’AAS et l’AEAUL, une conférence sur l’utilisation de la langue albanaise par les jeunes albanophones de Suisse. Ce 28 novembre, Mr. Elezi faisait la promotion d’un livre qu’il a publié et dans lequel nous pouvons découvrir quelque 31’000 prénoms illyro-albanais et leurs significations. Visite ensuite de la ville et des différents monuments et musés qui s’y trouvent. Le premier qu’il est important de mentionner est le musée historique national. Celui-ci est le plus grand du pays et on ne manque pas de le remarquer grâce à l’immense mosaïque présentée sur la façade de l’entrée principale. Composée de treize personnages représentant chacun des périodes différentes de l’histoire albanaise, en premier plan, c’est une femme, fusil à la main, qui prédomine et nous fait penser à la Marianne d’Eugène Delacroix dans sa toile « La liberté guidant le peuple ». Inauguré le 28 octobre 1981, le musée est divisé en 8 pavillons : l’antiquité, le moyen-âge, la renaissance, l’indépendance, l’iconographie, le folklore, la résistance antifasciste, le communisme et, finalement, Mère Teresa. Ensuite, pour continuer dans la découverte des endroits culturels, il est également possible de visiter le musée archéologique, la galerie nationale des arts, la mosquée de Haxhi Et’hem Beu, la cathédrale catholique de Saint-Paul, la cathédrale orthodoxe de la résurrection du Christ, la tour de l’horloge, ou le pont des tanneurs. Précisons d’ailleurs que, durant ce week-end, les théâtres, musées et cinémas ouvraient gratuitement leurs portes en l’honneur du jour de l’indépendance. Autrement, à l’extérieur de la ville, il y a aussi les châteaux de Ndroq, Preza et Petrelë, ou alors le parc national du mont Dajti. Après cette journée culturelle, quelques heures plus tard, retour à la vie nocturne palpitante de Tirana pour finir alors la ballade aux environs de 4h du matin dans des rues toujours bondées de monde.

Musée national historique à Tirana

Musée national historique à Tirana

Dimanche 29 novembre 2015
La tête remplie de merveilleux moments passés durant ces nombreuses escapades, il était alors temps de se requinquer gentiment durant les dernières heures de ce week-end afin de rentrer en Suisse en pleine forme. Dernières visites, repas au restaurant « Sofra e Ariut » où nous avons eu l’occasion de redécouvrir les saveurs traditionnelles albanaises et retour à l’aéroport Nënë Tereza. Un retour que nous aurions d’ailleurs volontiers repoussé puisque ce soir-là, sur la place Skanderbeg, la municipalité de Tirana organisait un gigantesque concert à ciel ouvert durant lequel John Newman, célèbre chanteur et musicien britannique, se produisait à l’occasion de la « Nata e Bardhë » (Nuit blanche).

Centre culturel et historique, mais aussi jeune et dynamique, Tirana se rêve en cité européenne dans laquelle passé et avenir peuvent parfaitement se conjuguer au présent. Une ville où le développement urbain tente de s’harmoniser avec la nature et où les croyances ne sont pas un frein à la tolérance. Sous ses multiples facettes, Tirana a alors répondu à toutes nos attentes, si ce n’est plus encore ! Ces quelques jours ont été pour nous l’occasion de poser un autre regard sur cette belle ville qu’il vous faut absolument découvrir. Ainsi, n’hésitez plus et réservez votre vol ! Tirana et ses habitants se feront un plaisir de vous accueillir !

Sources principales :

http://www.muzeumetkruje.gov.al/

http://www.qarkudurres.gov.al/nenshkruhet-memorandumi-i-mirekuptimit-per-zbatimin-e-projektit-per-rigjallerimin-e-pazarit-te-krujes

http://aadf.org/project/tourism-improvements-districts/kruja-tourism-improvement-district/

http://www.atrium-see.eu/alb/index.php?option=com_k2&view=item&id=82:muzeu-historik-komb%C3%ABtar&Itemid=142

http://www.tirana.gov.al/

http://www.ecotouralbania.com

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