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L'écriture-la langue-la littérature Albanaise

Selon la plupart des historiens et des linguistes, l’albanais serait une langue d’origine indo-européenne tout en étant un isolat de ce groupe.  Cela signifie qu’elle n’est rattachée à aucune langue indo-européenne car actuellement inclassable pour les linguistes. Ainsi, voyant qu’il n’y a pas de liens évidents entre les autres langues de cette ascendance et l’albanais, certains se penchent sur une origine antérieure aux illyriens, ou autrement dit pré-indo-européennes, c’est-à-dire Pélasgique.

Cette seconde théorie est intéressante et mérite d’être approfondie afin de voir si elle se confirme ou pas. En effet, une grande partie de la linguistique albanaise a du mal à être expliquée avec les langues indo-européennes. Mais, lorsqu’on l’observe d’une perspective pré-indo-européenne, ce vocabulaire devient alors bien moins mystérieux et fini même par avoir des explications.

Au fil des différentes invasions (romaine, byzantine, slave et ottomane), la langue albanaise a hérité de certains de leurs mots. De nombreux termes français se sont aussi intégrés dans le vocabulaire politico-administratif, celui de la mode et de la vie moderne en raison des rapports privilégiés que les élites albanaises ont eus avec la France à partir du XIXème siècle. Enver Hoxha, qui a dirigé l’Albanie de 1944 à 1985 avait d’ailleurs étudié à Montpellier et a plus tard enseigné le français en Albanie. Toutefois, la majeure partie du lexique et de la grammaire albanaise remonte au vieux fond autochtone et reste toujours en vigueur.

Par ailleurs, la langue albanaise se subdivise en deux dialectes, le guègue (gheg ou gegë) parlé au nord du fleuve Shkumbin (au centre de l’Albanie) et le tosque (toskë) au sud. Le tosque est le dialecte qui a servi de base à l’élaboration de l’albanais standard ou littéraire qui est devenu officiel en 1972. Le choix de ce parler comme base de l’albanais officiel est dû au fait que le dictateur Enver Hoxha et une grande partie des élites communistes étaient originaires du Sud. Cet albanais standard a servi d’élément unificateur pour les Albanais qui ont été partagés sur plusieurs pays. En effet, cela a permis à ceux du Kosovo, de la Macédoine et du Monténégro faisant alors partis de l’ex-Yougoslavie de rester unis à ceux de la mère patrie. Cependant, le fait que ce soit l’albanais standard qui soit utilisé au Kosovo par l’administration et les médias provoque parfois un sentiment de frustration chez une partie de la population qui elle parle principalement le guègue dans la vie courante. En conséquence, certains réclament une réforme de la langue officielle dans le but d’une meilleure prise en considération de la richesse linguistique du guègue.

Pour finir, le tosque est aussi à la base de l’arvanite, parlé en Turquie et en Grèce, et de l’arbëresh en Italie. Ces deux dialectes sont utilisés par la communauté albanaise qui s’est installée là-bas lors de l’invasion ottomane.

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