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Mitrovicë est la ville située le plus au nord du losange Kosovar. Avec plus de 80’000 habitants, elle est dans la lignée des villes les plus peuplées du Kosovo. Néanmoins, elle reste la plus célèbre dans les médias occidentaux de par sa problématique ethnique. En effet, le sud de la ville est majoritairement peuplée d’Albanais, alors que le nord de Serbes.

Pourtant, la ville était connue bien avant l’invention des médias. Les différentes fouilles qui ont été réalisées ont permis de mettre à jours des restes de nécropole illyrienne, dont différentes statuettes. Sous occupation romaine, la ville acquiert de l’importance de par sa position géographique. Puis viennent les occupations byzantines, slaves et ottomanes.

Dès le début du 20ème siècle, la ville connaît un certain essor économique. En effet, c’est à partir de cette période que sont mis en exploitation les minerais de la région, notamment celles de plomb et de zinc. Mais à partir de 1990, plus de 12’000 employés albanais sont licenciés, et après le conflit de 1999, les mines ne sont plus exploitées. Quelques employés ont été engagés pour maintenir les infrastructures en état mais sans investissement, l’usine (Trepça) est condamnée à fermer ses portes, telle la fabrique de batteries de voitures et celle d’engrais artificiels.

Néanmoins, la région possède des atouts géographiques, notamment de par l’Ibër, le fleuve qui traverse et sépare la ville, mais qui entre temps enrichit la faune et la flore.

Nous avons absolument tenu à visiter la ville afin de constater par nos propres yeux de la situation réelle de Mitrovica.

La première chose qui surprend, c’est le calme qui y règne. En se fiant au journal télévisé, on peut s’attendre à une ville en état de siège, mais il n’en est rien. La véritable surprise a donc été de découvrir une ville paisible où il fait bon se promener.

Puis, en fin de journée, nous nous sommes dirigés vers le fameux pont qui relie la partie albanaise de la ville au sud, à la partie serbe au nord. Arrivés sur les lieux, nous avons entamé la discussion avec un membre de la police du Kosovo (SHPK). Nos questions portant principalement sur la situation sécuritaire de la ville, il a d’office refusé toute interview. En effet, seuls les officiers chargé des communications avec les médias sont autorisés à donner des interviews.

Nous lui expliquons le concept de notre site, d’où notre présence à Mitrovica, puis lui demandons si nous pouvons nous rendre dans la partie Nord de la ville. Sa réponse sera des plus franches : « Si cela ne tenait qu’à moi, je vous aurais fortement conseillé de vous y rendre, mais la situation fait que s’il se passe quelque chose, nous ne pourrons pas grand-chose pour vous. »

Nous étions équipés de deux appareils photos et d’une caméra, le mercredi 21 juillet, à la veille de l’avis consultatif que devait rendre la Cour Internationale de Justice.

Nous avons donc préféré ne pas prendre de risques. Mais on se rend compte que malgré les promesses et déclarations des politiciens, une partie du territoire kosovar reste hors contrôle et que lorsqu’on parle liberté de circulation, il n’y a pas que les minorités qui sont concernées.

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