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Michal-HugonDans le cadre de la manifestation organisée par l’Association albano-kosovare de Martigny pour la deuxième année d’indépendance du Kosovo, nous nous sommes rendus sur les lieux. Mr. Michael Hugon, conseiller communal de la ville de Martigny a gentiment accepté de répondre à certaines de nos questions.

Que pensez-vous de cette manifestation ?

J’ai été très surpris de voir à quel point la communauté albano-kosovare s’est rassemblée pour cet événement et à quel point il y avait des personnes de tout âge.
De plus, cela m’a permis d’en apprendre sur cette culture albanaise dont je ne connaissais pas beaucoup et c’était intéressant de découvrir, sous une autre facette, la communauté albano-kosovare de la région de Martigny et des environs.

L’initiative pour la création de cette association vient de la commune de Martigny, pourquoi est-ce si important pour vous que la communauté « albanao-kosovare » soit représentée par une telle organisation ?

Il est très important pour nous membres politiques de la municipalité de créer des liens avec la population. Par ailleurs, la création de cette association nous permet d’avoir des personnes de références dans votre communauté pour discuter de ce qui va et ne va pas. Nous pouvons ainsi être plus attentifs à vos attentes et faire passer de manière plus adaptée nos messages. La ville de Martigny compte 16’000 habitants dont 6’000 sont d’origine étrangère. C’est un état de fait que nous ne pouvons ignorer et devons prendre en considération. Ma présence à cette manifestation d’aujourd’hui me permet aussi de faire mieux connaissance avec vous (Albanais) et de me faire également connaitre pour que vous sachiez que la commune se soucie de vous et que vous êtes une partie intégrante de notre avenir.

Vous êtes chargé de l’intégration des différentes communautés étrangères pour la ville de Martigny, que pensez-vous de l’intégration des Albanais ?

Jusqu’à présent, la communauté albano-kosovare, à l’exemple d’autres communautés comme celle des portugais ou des espagnols est resté très discrète. Elle contribue pourtant grandement à notre économie et dans tous les secteurs de métiers. A mon avis, il n’y a pas d’obstacles à leur intégration et l’effort doit aller dans les deux sens. Aussi bien dans le nôtre que dans le vôtre. Je suis positif et me dis que nous somme dans la bonne voie.

Nous savons que la Suisse a énormément contribué au bien être du Kosovo depuis la fin des années 1990 et continue à le faire, pourquoi est-ce si important pour elle de jouer ce rôle ?

La Suisse a toujours eu pour objectif de jouer un rôle de médiateur dans les conflits internationaux. La population albano-kosovare est la deuxième communauté étrangère dans notre pays. Elle représente d’ailleurs environ 10 % de la population totale du Kosovo. Nous avons donc pour devoir de chercher à la comprendre et à l’intégrer à notre société. Aussi, nous avons une armée « Swisscoy » au Kosovo, qui a pour but de maintenir la stabilité du pays. De ce fait, nous devons également nous engager auprès de la diaspora vivant ici en lui disant que le chemin vers l’intégration peut très bien se mener tout en conservant ses liens avec le pays d’origine.

Si vous deviez faire un bilan politique de ces deux dernières années écoulées depuis l’indépendance du Kosovo, quel serait-il ?

Pour le moment, les rapports semblent encore difficiles avec son voisin serbe duquel il s’est déclaré indépendant. Il est de ce fait important que ces deux pays engagent des discussions pour mieux s’entendre. Néanmoins, j’ai l’impression que les conflits à l’intérieur du pays ont diminués, ce qui me semble une preuve que l’indépendance était la bonne solution. Donc, avec le temps, la stabilité politique s’instaurera et le reste suivra petit à petit.

D’après vous, quels sont les défis nationaux et internationaux que le Kosovo devra relever ces prochaines années ?

Au niveau national, la construction du pays me semble la priorité du moment. Ensuite, le chômage ! Si on veut que le pays prospère, il faut incontestablement régler ce problème. La stabilité passe également par le travail et c’est ce qui poussera le pays à aller de l’avant.

Au niveau international, le Kosovo est déjà reconnu par une grande majorité des pays européens et des Etats-Unis, mais il lui faut encore obtenir une reconnaissance internationale plus large. Et qui sait, un jour peut-être atteindre l’objectif d’adhérer à l’Union européenne. Certains pays des Balkans en font déjà partie. D’autres sont en cours d’intégration. Pourquoi pas le Kosovo dans un futur plus ou moins proche.

Pour finir, que retiendrez-vous de cette journée ?

J’ai eu un grand plaisir à prendre part à cet événement et à découvrir votre culture et votre communauté sous une autre facette et d’un point de vue différent que celui par lequel je suis amené à la connaitre de part ma fonction. Je retiendrai également la notion d’unité. Ce n’est qu’en dialoguant et en faisant un pas les uns vers les autres, en nous enrichissant à travers nos différences que nous pourront construire un avenir commun.

Site internet de Mr. Michaël Hugon

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