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Arrivés en Suisse dans les années 1960, les premiers Albanais étaient généralement de jeunes hommes célibataires issus d’un milieu social défavorisé. Ne pouvant pas, ou alors ne voulant pas leur offrir de perspectives professionnelles viables sur les terres de leurs ancêtres, l’ex-Yougoslavie concluait des accords avec un certain nombre de pays occidentaux qui avaient désespérément besoin de main d’œuvre flexible et peu coûteuse. Ces hommes étaient appelés saisonniers ou alors vulgairement « Yougos » en référence à l’entité territoriale de laquelle ils provenaient. Faisant des allers retours incessants entre le Kosovo, la Suisse, la France, l’Allemagne, la Belgique ou bien d’autres pays encore, ces jeunes hommes étaient alors dépendants des contrats de travail provisoires que le pays « d’accueil » voulait bien leur offrir pour espérer obtenir un visa étant lui synonyme de salaire et de survie. L’intégration, mot totalement inconnu à l’époque, n’était alors une préoccupation ni de ces tâcherons bien utiles, condamnés aux basses œuvres que les locaux ne voulaient pas exécuter, ni des pays ayant besoin de leurs bras et de leur sueur.

Aujourd’hui, après d’innombrables tensions économiques, politiques et de guerres dans les Balkans, ces jeunes hommes sont devenus des parents et des grands-parents et beaucoup d’entre eux vivent toujours dans ces bouts du monde qu’ils considéraient au départ comme une simple étape de leur parcours de vie. Pour leurs enfants et petits-enfants, étant pour certains nés dans ces pays d’accueil ou y ayant simplement grandis pour d’autres, la notion d’intégration est en revanche devenue une question cruciale et, en ce qui les concerne, contrairement à leurs ainés, ils n’ont pas l’intention de se cantonner au statut de simples étrangers, mais ils ne veulent pas non plus renier leur identité. Pour eux, intégration ne rime pas avec assimilation, mais plutôt avec enrichissement.

Depuis la fin de la guerre du Kosovo en 1999, à défaut d’apercevoir d’éventuelles perspectives d’avenir dans le pays d’origine, beaucoup d’Albanais, jeunes et moins jeunes, se sont alors résolus à bâtir leur vie dans celui d’accueil. Lorsque la plupart des immigrés d’avant-guerre se contentait d’un métier permettant d’obtenir une simple rémunération, ceux d’après-guerre souhaitent désormais de la considération. Achats d’appartements ou de maisons, créations d’entreprises, procédures de naturalisation ou alors obtentions de formations secondaires et d’études supérieures, les démarches pour aller de l’avant sont de plus en plus nombreuses. Là où il s’agissait, avant la guerre, d’aider la patrie dans le but de se garantir un meilleur avenir à soi-même, la nouvelle génération a alors compris, qu’aujourd’hui, il faut d’abord s’aider soi-même afin de garantir un meilleur avenir à la patrie.

Fondée en décembre 1994, l’Association des Étudiants Albanais de l’Université de Lausanne (AEAUL), est l’un des nombreux exemples de ce nouvel état d’esprit. A travers diverses activités, elle tente de faire découvrir l’histoire et la culture albanaise au plus grand nombre tout en agissant pour le bien de sa communauté. Le slogan pourrait donc être « Utiliser un peu de ses connaissances et de son expérience, pour en faire bénéficier au mieux le pays de son enfance. »

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  1. dn Répondre
    Non,l'histoire albanosuisse est bien plus ancienne :de çajupi qui épousa une genevoise,a faik konica qui publia Albania depuis Lausanne en passant par la famille royale albanaise puisque Leka était scolarisé a Villars et que son cousin skender est né en suisse ... Bcp d'événements précédents l'indépendance se sont passes en suisse,du père de françoise giroud-les Gurrgji-des ottomans,aux albanais d'Égypte...bcp d'Albanais de cette époque se retrouvent parmi les noms des jeunes turcs

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