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Grande Albanie 

Préambule :

Il vous est sûrement arrivé d’entendre parler de « grande Albanie », que ce soit par vos proches ou par la lecture de certains articles de journaux ou sur internet. Cette Albanie-là apparaît aussi dans l’argumentation de la majorité des détracteurs de l’indépendance du Kosovo. Il est toutefois intéressant de constater que ce terme, bien qu‘illusoire, s’est confondu au fil du temps dans le discours des protagonistes de tous bords, pan-serbes/albanais.

De plus, avant de commencer à traiter de ce denier aspect, il est important de signaler que cette « grande Albanie » n’est qu’un pur fantasme sorti de l’imagination de personnes dépourvues de connaissances sur l‘albanité même, ceci afin de camoufler leurs propres projets.

« L’indépendance du Kosovo n’a pour but que la formation d’une grande Albanie ! »
Voilà la phrase qui nous est sortie la plupart du temps, mais dans quel but? Quel est son sens et quelle valeur a-t-elle ?

Commençons avec un peu d’histoire :

Les Illyriens peuplaient les Balkans il y a déjà près de quatre millénaires. Cet empire était composé de multiples tribus (communautés), dont les Dardaniens. Les Albanais, bien que cela irrite certaines personnes, sont les descendants directs des Dardaniens. Au fil des siècles et des différentes guerres, la Dardanie (région de l’Albanie), a vu son territoire être occupées par les armées- romaines, slaves et Ottomanes. Ses frontières ont été redessinées par et dans l’intérêt des grandes puissances Occidentales. Petite parenthèse : Beaucoup de partisans pro-serbes trouvent injuste que le Kosovo soit indépendant par « intérêt des puissants » de ce monde mais l’on entend beaucoup moins ces personnes se plaindre du fait que le Kosovo ait été offert à la Serbie pour les mêmes raisons en 1913, à la Conférence de Londres.

Les conflits de ce dernier siècle se sont soldés par l’accaparation des terres albanaises par les pays frontaliers, seule l’actuelle Albanie fut jusqu’à maintenant le vestige de cette injustice.
Il existe donc une Albanie, non « grande » mais simplement fragmentée ne cherchant que son droit le plus légitime qui est de réunifier son peuple au sein de ses propres frontières.

Mais pourquoi utiliser ce terme ?

Ceci n’a pour but que d’introniser une certaine crainte et d’instaurer la confusion dans la pensée d’une personne lambda qui chercherait à comprendre et démêler l’histoire de ce gros nœud que sont les Balkans. Il s’agit ainsi d’une politique négationniste organisé en trois points :

    • Pour commencer, les antagonistes renient volontairement certaines parties essentielles de l’Histoire du peuple Albanais. Ils ne disent par exemple pas que l’Albanie a été morcelée et ses terres grignotées par les pays qui l’entourent mais ces personnes-là disent que le peuple albanais cherche à créer quelque chose de nouveau en « s’accaparant les terres des autres. »

 

    • Ensuite, il y a une diabolisation massive autour des Albanais mêmes. Cela est dû au fait de l’amitié américano-albanaise qui s’est développée à la suite du conflit de 1999 au Kosovo. Les contradicteurs en profitent pour assimiler l’inassimilable et ainsi rallier leur cause aux militants qui luttent contre la « pensée unique ». Et cette diplomatie trouve preneur auprès des pays qui ont à dos le système Buchiste, imposé par les USA dans leurs campagnes militaires en Irak et en Afghanistan principalement.
      La Serbie, à l’image de son ministre des affaires étrangères, M. Jeremic, en tire profit en s’alliant aux gouvernements « révolutionnaires » tel que le Venezuela ou encore la Libye et cela en prétextant être victime de l’impérialisme Américain.

 

    • Pour finir, le but caché derrière tout ce machiavélisme n’est tout simplement que la formation d’une grande Serbie. Au premier abord, cela peut étonner car l’on entend bien plus souvent parler de « grande Albanie », mais tout s’explique par la politique déviationniste des nationalistes serbes. Ces derniers n’ont eu pour objectif que d’accomplir cet utopique souhait, au détriment des populations locales. C’est ainsi que le 7 mars 1937, Vaso Cubrilloviq, académicien serbe, soumet à Belgrade un plan détaillé nommé « L’expulsion des Arnaoutes (Albanais) » qui permettrait de débarrasser le Kosovo de la population Albanaise. En voici quelques lignes :

 

« Un autre moyen serait la contrainte exercée par l’appareil d’État. Celui-ci doit exploiter les lois à fond, de manière à rendre aux Albanais le séjour insupportable chez nous: amendes, emprisonnements, application rigoureuse de toutes les dispositions de police (…) le retrait des licences d’exercice des métiers, la destitution des fonctionnaires d’État, des employés privés et municipaux, etc, tout cela accélèrera le processus de transfert (…) Finalement, on pourrait même fomenter des troubles locaux qui seront réprimés dans le sang et par les moyens les plus efficaces (…) Il reste encore un moyen que la Serbie a employé de manière très pratique après 1878, et qui consiste à mettre le feu furtivement à des villages et à des quartiers de villes albanaises…Quand on aura créé la psychose de l’évacuation, il faudra faire tout son possible pour évacuer des villages entiers…

Il est tout de même affligeant de constater l’analogie des méthodes conseillées dans « L’expulsion des Arnaoutes » et les faits qui se sont déroulés lors du conflit au Kosovo. On est ainsi en droit de se demander si ce « plan » n’aurait pas subit une mise à jour afin d’être mis à exécution durant cette fin de deuxième millénaire, car toutes personnes ayant vécu au Kosovo lors de cette période sait que cela ne tient pas d’une simple coïncidence, il y avait là une véritable préméditation de la part de l’Etat serbe de l’époque.

Quoi qu’il en soit, le passé est le passé et nous devons nous tourner vers l’avenir et ses perspectives afin de sortir de cet embargo inter-communautaires dans lequel les différentes guerres des Balkans nous ont plongés. Mais, comme l’écrit Vladimir Arsenijevic, écrivain serbo-croate, dans son ouvrage intitulé « Notre société est dans un no man’s land », il reste un problème majeur à cette avancée :

« …Le déni est désormais l’une des qualités essentielles des Serbes. Une attitude si nouvelle que nous n’avons même pas de mot serbe pour la désigner. Ce déni, cet aveuglement face à la souffrance humaine, cette incapacité à faire preuve de la moindre empathie, montre bien à quel point notre société est dans l’impasse, sept ans après la chute de Milosevic… »

En conclusion, le peuple Albanais ne peut pas et ne dois pas se résoudre à renoncer à ses propres droits par peur de froisser l’opinion mondiale. Aussi, il se doit de prendre son avenir en main… et son avenir… c’est le peuple même. Si l’envie de ce peuple est de rejoindre ses frères au sein de la même entité, il en sera ainsi et personne ne pourra se permettre de venir lui donner des leçons dans sa propre demeure que sera la véritable Albanie, réunifiée, souveraine… et libre.
Il vous appartient à présent, chers lecteurs, de vous forger votre propre avis sur ce sujet maintenant que l’équité est rétablie.

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