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Ville balnéaire et portuaire située à un peu plus de cinquante kilomètres de la ville-musée de Gjirokastër et à moins de vingt kilomètres du joyau archéologique de Butrint, Sarandë (Saranda en français) est devenue ces dernières années une des destinations les plus prisées d’Albanie par les touristes étrangers. S’il fallait décrire ce lieu en quelques mots, il n’y en aurait pas de plus appropriés que détente, excursions et histoire.

Saranda est mentionné pour la première fois, dans les récits historiques, sous l’appellation d’Anchiasmos (Onchesmus, Onhezmi) aux alentours du IIème siècle avant J.C. Cette désignation dériverait du nom d’Anchise, qui était un guerrier troyen et, selon la légende, un des nombreux amants de la déesse Aphrodite. Durant la « Pax Romana », la ville se développa de manière relativement importante et devint le principal point de transit entre Rome et l’Epire. Cicéron, empruntait d’ailleurs à de nombreuses reprises ce chemin pour se rendre à Butrint et visiter son ami Pomponius Atticus. Le nom de Saranda quant à lui daterait du VIème siècle de notre ère. Selon certains, il serait lié au monastère des quarante saints (Agioi Saranda) bâti à la fin du cinquième siècle, mais faute de sources écrites suffisantes, cette version reste encore à étudier et à authentifier. Après la chute de l’Empire romain d’Occident, Sarandë est pillée et brûlée, en 551, par les Ostrogoths de Totila forts d’une flotte de plusieurs dizaines de bateaux. S’en suivent ensuite plusieurs siècles de déclins sous l’occupation byzantine. Ce n’est qu’à partir du règne d’Ali Pasha Tepelena (Ali Pasha de Janina), à la fin du XVIIIème siècle, que la ville recommence à se développer avec l’ouverture d’un port, d’une agence douanière, de plusieurs petits commerces locaux et l’exportation de produits agricoles (citrons, oranges et huile d’olive) en direction des marchés européens. La mort de cette imposante personnalité en 1822 ouvre alors la porte à l’irrédentisme grec. De ce fait, lors de l’indépendance de l’Albanie en 1912, Sarandë avait perdu de sa grandeur et n’hébergeait plus qu’une centaine d’habitants.

Aujourd’hui, après plusieurs années d’efforts consacrées à l’amélioration de ses infrastructures, l’ancienne cité a regagné de son éclat et compte officiellement plus de vingt mille habitants. Si on rajoute les huit communes du district ce chiffre passe à quatre-vingt-cinq mille. Basée principalement sur l’économie du tourisme, Saranda accueille la plupart de ses vacanciers grâce aux nombreux bateaux de croisières qui y font escale tout au long de la saison estivale. Une fois sur place, les lieux les plus intéressants à découvrir sont le Musée Onhezmi, rénové en mai 2011, le monastère des quarante saints, bâti à la fin du Vème siècle, le château de Lekures, datant du XVIème siècle, le lac « Syri i kaltër », à vingt kilomètres à l’est de la ville et finalement le parc national de Butrint à l’extrême sud du pays. Pour ceux qui souhaitent à présent profiter des belles plages sarandiotes tout en échappant à l’agitation des foules, Ksamil est l’endroit idéal avec ses paysages idylliques, ses quatre petites iles et la quiétude qu’on y respire.

Qui plus est, en dehors du tourisme, Saranda se distingue tout autant par la pêche et le transport maritime ainsi que par la culture du blé, du maïs, des vignes et des olives.

 

 

Sources

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