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Petit coin de terre réputé pour ses plages vierges, Dhërmi est un village de quelques centaines d’habitations se situant au bord de la Mer ionienne, à soixante-dix kilomètres de la ville de Sarandë et à cinquante-sept kilomètres de celle de Vlorë. Ses eaux turquoises ainsi que ses paysages pittoresques inspirent, à qui s’y arrête, un avant-goût de paradis.

Bénéficiant déjà de cette image de havre de paix à l’époque de l’Empire romain, Dhërmi accueilli Jules César, en 48 avant J.C., qui s’y arrêta avec plus de vingt-mille hommes. Celui-ci était en guerre contre Pompée et voulant remotiver ses troupes avant de les envoyer sur le champ de bataille à Farsala, il profita de son arrivée à Palase pour se reposer à la plage du même nom. Ce lieu était, de toute évidence, des plus appropriés compte tenu de sa beauté, de sa position reculée et du bien-être qu’il procure. Dans le but de les galvaniser ensuite, il leur aurait prononcé ces quelques mots : « N’ayez pas peur, vous portez César et ses succès. »

Le village de Dhërmi et la région d’Himarë, à laquelle il est administrativement attaché, sont ainsi principalement réputés pour la beauté de leur nature. Cependant, ils le sont également pour avoir été liés à certains des plus importants événements de l’histoire de l’Albanie. Nous pouvons notamment citer les révoltes menées contre l’envahisseur ottoman à partir de 1472. Voulant soutenir ses compatriotes, Gjon, le fils de Gjergj Kastrioti, les rejoignit dès juillet 1481 et contribua grandement à l’expansion de leur mouvement. Ne parvenant alors plus à assumer les charges financières relatives au maintien des armées, en 1492, le Sultan Bayezid II conclut, avec les Himariotes, un accord prévoyant de leur accorder l’autonomie. Cela signifiait concrètement qu’ils restaient souverains, qu’ils pouvaient continuer à faire régner leurs propres lois et qu’ils avaient la possibilité de disposer d’armes en toute liberté. En échange, les Himariotes s’engageaient quant à eux à mettre fin aux attaques et à verser, de manière régulière, un certain montant à l’Empire en signe de bonne foi. Bien évidemment, ces différentes clauses n’étaient souvent pas respectées par l’une ou l’autre des parties concernées et de nouvelles grandes révoltes eurent à nouveau lieu de 1494 à 1509, en 1537, 1571, 1595, 1690 et 1713. Ironie du sort, Dhërmi et ses alentours furent rattachés à l’Empire ottoman, en 1797, par Ali Pashë Tepelena, qui était d’origine albanaise et gouverneur d’Epire.

D’autres événements de périodes différentes pourraient encore être mentionnés pour illustrer l’importance qu’occupent Dhërmi et ses alentours dans l’histoire albanaise. En témoignent notamment les nombreux lieux à l’image de la grotte des pirates (se situant à l’extrémité de la plage de Dhërmi, en dessous du monastère de Saint-Théodore), le château de Himarë, celui d’Ali Pasha à Palermo ou alors celui de Sopot à Borsh.

Aujourd’hui, Dhërmi attire de plus en plus de touristes, aussi bien albanais qu’étrangers, et ses plages principales perdent petit à petit l’intimité qui les avait rendues célèbres. Néanmoins, quelques perles rares subsistent pour ceux qui savent les chercher et ne rechignent pas à marcher. Les plus proches sont la plage de Grama et celle de Gjipea. D’autre part, à moins de vingt minutes de route de la mer, il est possible de se rendre au Parc National de Llogara. Celui-ci offre un grand nombre de possibilités pour les passionnés de sports, de camping, d’excursions ou d’écotourisme.

 

 

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